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Actualités scientifiques

Le réveil des rétrovirus endogènes : un nouveau lien entre inflammation et cancer

Lorsque le gène TRIM24 est inactivé dans les cellules hépatiques, les rétrotransposons VL30 sont transcrits sous le contrôle des récepteurs de l'acide rétinoïque (RAR). Les ARNs ainsi formés sont rétrotranscrit en ADNs complémentaires qui s'accumulent dans le cytoplasme. Ces ADNs cytoplasmiques sont détectés par une machinerie de dégradation ce qui provoque l'état inflammatoire. Un processus similaire peut être produit par une infection virale exogène.

Trim24-repressed VL30 retrotransposons regulate gene expression by producing noncoding RNA.

Herquel B, Ouararhni K, Martianov I, Le Gras S, Ye T, Keime C, Lerouge T, Jost B, Cammas F, Losson R, Davidson I.

Nat Struct Mol Biol Mar 2013


4 février 2013

Depuis des millions d’années, les mammifères ont accumulé dans leur génome un très grand nombre de rétrovirus endogènes, reliquats inactifs d’anciennes infections. Des chercheurs de l’IGBMC viennent de montrer comment la réactivation de ces rétrovirus endogènes reproduit les effets de l’infection virale et favorise le développement tumoral. Leurs résultats sont publiés le 4 février dans la revue Nature Structural & Molecular Biology.



Les rétrovirus endogènes

Les rétrovirus, famille de virus comprenant notamment le VIH, sont capables de s’intégrer dans le génome de la cellule infectée afin d’utiliser ses ressources pour se multiplier. De telles intégrations se sont produites de nombreuses fois au cours de l’évolution, accumulant des milliers de copies de rétrovirus différents. Ces rétrovirus endogènes, aussi appelés rétrotransposons, sont des composants majeurs de notre génome mais notre organisme a mis en place une machinerie complexe afin de les maintenir dans un état inactif.

 

De l’acide rétinoïque à l’hépatocarcinome

Des travaux initialement menés par l’équipe de Régine Losson à l’IGBMC avaient montré que l’inactivation du gène codant pour la protéine Trim24 provoquait le développement d’hépatocarcinomes (tumeurs du foie) grâce à un processus impliquant le récepteur de l’acide rétinoïque (dérivé actif de la vitamine A). L’équipe d’Irwin Davidson de l’IGBMC a poursuivi ces études afin de comprendre les mécanismes à l’origine de ce phénomène. Dans une nouvelle publication, ils démontrent que la perte de Trim24 active l’expression d’une famille de rétrovirus endogènes, les VL30, dont l’expression est sous le contrôle des récepteurs de l’acide rétinoïque. Cette activation favorise le développement tumoral de plusieurs façons : les ARNs des VL30 sont rétrotranscrits en ADN et s’accumulent dans la cellule, favorisant l’installation d’un état inflammatoire précancéreux. D’autre part, l’expression des VL30 influence celle des gènes voisins en créant des zones de transcription aberrante.

 

Des dérèglements génétiques qui « imitent » les infections

Ces résultats montrent l’importance de comprendre et maîtriser les mécanismes de répression des rétrovirus endogènes. Une perte de cette répression peut en effet conduire à leur réactivation et provoquer des pathologies aux effets similaires à ceux provenant d’infections virales. Un tel mécanisme est, par exemple, à l’origine du syndrome Aicardi-Goutières, une encéphalopathie précoce que l’on a longtemps cru provenir d’une infection intra-utérine mais qui s’est révélée être due à des mutations dans la machinerie de répression de rétrovirus endogènes. L’étude de l’équipe du Dr. Davidson montre qu’un mécanisme similaire opère après inactivation du gène Trim24. L’état inflammatoire induit mime alors celui qui se produit lors d’une infection par le virus de l’hépatite et favorise la formation de tumeurs du foie.

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