4 départements de recherche
750 employés
45 nationalités
55 équipes de recherche
16 lauréats ERC
260 publications par an
24000 m² de laboratoires

Soutenez-nous via

Fondation universite de Strasbourg

Service Communication

Tél. +33(0) 3 88 65 35 47

Accès direct

Science & société

Les chiffres 2014

11 bourses ERC
16 prix et distinctions
3 rendez-vous grand public
23 actualités scientifiques majeures

Actualités scientifiques

Le code secret de l'oestradiol

Le récepteur aux oestrogènes (ERα) est fixé sur l’hélice d’ADN. La liaison de l’oestradiol au récepteur induit un changement structural qui permet le recrutement des coactivateurs (p160). Ces coactivateurs recrutent les enzymes épigénétiques CPB et CARM1. CARM1 méthyle CBP sur plusieurs sites. En fonction de la configuration de ces méthylations, différents programmes génétiques sont mis en marche.

Methylation specifies distinct estrogen-induced binding site repertoires of CBP to chromatin.

Ceschin DG(1), Walia M, Wenk SS, Duboé C, Gaudon C, Xiao Y, Fauquier L, Sankar M, Vandel L, Gronemeyer H.

Genes Dev 1 juin 2011


1 juin 2011

Des travaux effectués par des chercheurs du Centre de biologie du développement (CBD) et de l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) ont mis en évidence l’existence d’un « code » qui permettrait d’expliquer la complexité des effets d’une hormone, l’oestradiol. Des modifications de ce code pourraient être impliquées dans le développement et/ou la progression de tumeurs. Ces travaux sont publiés le 1er juin dans le journal Genes & Development.

Grands rôles pour une petite molécule
L’oestradiol fait partie des hormones oestrogènes sécrétées par les ovaires. Non seulement impliquée dans le développement sexuel des femmes, cette hormone aurait également un rôle non négligeable
dans la cancérogénèse. En effet, l’oestradiol agit comme un facteur de croissance dans les cancers du sein à récepteurs d’oestrogènes positifs, ce qui explique que la thérapie anti‐hormonale est utilisée avec de bons résultats. Comment une simple molécule d’oestrogène peut‐elle être responsable de changements physiologiques si importants et si divers? Nombreuses sont les équipes scientifiques qui tentent depuis plusieurs années de répondre à cette question en décryptant les mécanismes d’action de cette molécule.
Mécanisme d’action par étapes de l’oestradiol
L’oestradiol agit sur l’ADN en s’y fixant grâce à un récepteur nucléaire qui possède un domaine de liaison à l’hormone, et un à l’ADN. La liaison de l’hormone à son récepteur induit un changement structural qui permet de recruter des coactivateurs. Ces derniers recrutent à leur tour deux enzymes épigénétiques, CARM1 et CBP, responsables de la sélection des gènes qui seront actifs ou non. Ce fonctionnement était jusque là bien connu ; en revanche, pourquoi et comment des programmes génétiques totalement différents étaient déclenchés restait une énigme. Des travaux conjoints entre
les groupes d’Hinrich Gronemeyer (IGBMC) et de Laurence Vandel (CBD) apportent de nouveaux éléments de compréhension sur la mise en place différenciée de l’action de l’oestradiol.
Un nouveau code en question
Alors que le groupe de Laurence Vandel avait montré que l’enzyme CARM1 activait la transcription en modifiant (par méthylation) l’autre enzyme CBP, les chercheurs ont maintenant montré que différentes combinaisons de formes méthylées sont recrutées au niveau de répertoires de gènes distincts dans les cellules de cancer du sein. Ces résultats suggèrent l’existence d’un « code » qui permettrait d’interpréter la forme méthylée de l’enzyme et d’initier un sous‐ programme génétiques spécifique. Un tel code de modification post‐traductionnel a d’ailleurs déjà été mis en évidence pour
les histones (protéines qui structurent l’ADN) : c’est le fameux « code des histones ». Dans le cas de l’oestradiol, des modifications du code de méthylation de CBP pourraient être impliquées dans la tumorigénèse et/ou la progression tumorale.
Ces résultats identifient la régulation croisée entre les deux enzymes épigénétiques CARM1 et CBP comme un pivot de la réponse aux oestrogènes et révèlent pour la première fois comment une petite molécule, en facilitant la communication entre un récepteur et des enzymes de modification épigénétiques, peut réguler des réseaux géniques distincts.

Imprimer Envoyer

Université de Strasbourg
INSERM
CNRS

IGBMC - CNRS UMR 7104 - Inserm U 964
1 rue Laurent Fries / BP 10142 / 67404 Illkirch CEDEX / France Tél +33 (0)3 88 65 32 00 / Fax +33 (0)3 88 65 32 01 / directeur.igbmc@igbmc.fr