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Actualités scientifiques

Syndrome de l’X fragile : un pas de plus vers la découverte d’un traitement pour cette maladie

Dans les conditions normales (gauche), la protéine FMRP aide à produire l’enzyme Dgkk dans les neurones. Dans la situation X-fragile, en absence de FMRP (droite), Dgkk n’est plus assez produit. Agir sur son activité représenterait un moyen de corriger les défauts associés au syndrome de l’X-fragile.
 
© IGBMC / Hervé Moine

Fragile X Mental Retardation Protein (FMRP) controls diacylglycerol kinase activity in neurons.

Tabet R(1), Moutin E(2), Becker JA(1), Heintz D(3), Fouillen L(4), Flatter E(1), Krezel W(1), Alunni V(1), Koebel P(1), Dembélé D(1), Tassone F(5), Bardoni B(6), Mandel JL(7), Vitale N(8), Muller D(2), Le Merrer J(1), Moine H(9).

Proc Natl Acad Sci U S A 28 juin 2016


11 juillet 2016

Une étude supervisée par Hervé Moine a mis en évidence un mécanisme pathogénique du syndrome de l’X fragile. Cette maladie génétique entraîne le plus souvent un déficit intellectuel, des troubles du comportement et des anomalies physiques. Ces résultats ont été publiés dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) le 27 mai dernier.

 

Le syndrome de l’X fragile affecte un homme sur 4000 et une femme sur 8000. Il représente la première cause familiale de déficience intellectuelle mais également la première cause connue de troubles du spectre autistique(1). Le syndrome de l’X fragile est dû à une anomalie d’une région de l’ADN du gène FMR1 sur le chromosome X conduisant à la perte d’expression du gène (FMR1). Ce gène code une protéine essentielle (FMRP) pour les mécanismes de communication entre les neurones de plusieurs régions du cerveau. Le mécanisme pathologique responsable des symptômes de la maladie, et plus spécifiquement la cause moléculaire conduisant aux pertes de fonction des neurones, est encore mal compris.

 

La protéine FMRP aide à la fabrication de l’enzyme Dgkk


Jusqu’à présent, les scientifiques savaient que l'absence de la protéine FMRP entraînait un excès de la synthèse de très nombreuses protéines dans les neurones. Cet excès est considéré comme une des causes principales sous-jacente au syndrome de la maladie. Ils ne savaient pourtant pas comment l'absence de la protéine provoque cet effet.

 

Cependant, dans une étude collaborative impliquant l’équipe de Jean-Louis Mandel, dont Hervé Moine fait partie, a montré que la protéine FMRP aide à la synthèse d’une enzyme appelée Diacylglycerol kinase (Dgkk). Cette dernière est essentielle à la production de lipides membranaires participant à la communication et au renforcement des connexions entre neurones (synapses).

 

Les chercheurs ont montré que ce mécanisme était perturbé en l’absence de la protéine FMRP sur un modèle de souris développant la maladie. Ils ont également retrouvé ces mêmes perturbations chez les patients malades. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives dans la découverte d’un traitement pour cette maladie.

 

(1) Les troubles du spectre autistique (TSA) sont des troubles neurologiques qui affectent principalement les relations sociales et la communication chez l’enfant. Ces troubles se manifestent aussi par l’apparition de comportements atypiques (inhabituels) et le développement d’intérêts restreints chez le jeune ou l’adulte qui en est atteint.

 

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