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Une avancée dans la compréhension des mécanismes inflammatoires des maladies de peaux

Représentation schématique en Yin-yang montrant que le résultat de l'inflammation de la peau lors de la rupture de la barrière épidermique, est façonnée par la contre-régulation entre les réactions immunitaires de type 2 et 17. Le type 2 est entrainé par TLSP et le type 17 par l’Interleukine 23. Ces types de réactions immunitaires sont tous les deux sous le contrôle de l'IL-1β.

Counterregulation between thymic stromal lymphopoietin- and IL-23-driven immune axes shapes skin inflammation in mice with epidermal barrier defects.

Li J(1), Leyva-Castillo JM(1), Hener P(1), Eisenmann A(1), Zaafouri S(2), Jonca N(2), Serre G(2), Birling MC(3), Li M(4).

J Allergy Clin Immunol Jul 2016


15 mars 2016

La peau assure, par le stratum corneum nommé aussi couche cornée de l'épiderme, une fonction vitale de barrière pour l'organisme. Le dysfonctionnement de cette protection conduit à diverses pathologies. L’équipe de Mei Li de l’IGBMC, en collaboration avec l’ICS et l’Université de Toulouse III, a mis en évidence la régulation mutuelle de deux réponses immunitaires dans ces pathologies. Elle a également montré qu’en inhibant l’interleukine 1β, les réponses immunitaires intervenant dans l’inflammation de la peau étaient réduites. Ces résultats sont publiés dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology, le 15 mars 2016.

 

 

La peau est un organe constitué de deux parties : le derme, couche profonde, et l’épiderme, orienté vers l’extérieur de l’organisme. Ce dernier sert de défense contre les agents pathogènes (bactéries, virus, parasites) et les allergènes. Diverses anomalies dans la couche superficielle de l'épiderme aboutissent à des dysfonctionnements de cette barrière épidermique. De tels dysfonctionnements jouent un rôle critique dans l’initiation ou l’aggravation de la réaction inflammatoire de la peau, comme dans le cas de la dermatite atopique1 et des pathologies congénitales similaires (peeling skin syndrome de type B, syndrome de Netherton…). Ces maladies présentent des inflammations eczématoïdes de la peau, souvent associées à des colonisations bactériennes.

Les études antérieures de la réponse inflammatoire résultant de défauts de barrière cutanée étaient contradictoires, tant chez les humains que chez les souris. La nouvelle étude de l’équipe de Mei LI à l’IGBMC décrypte les axes inflammatoires et les réseaux de molécules de signalisation cellulaire, telles que les cytokines2, afin de comprendre la genèse de l’inflammation cutanée. À terme les chercheurs seront en mesure d’élaborer de nouveaux traitements.

 


Décrypter les mécanismes de l’inflammation quand la barrière épidermique est défectueuse

 

Pour cette étude, les chercheurs ont altéré la barrière épidermique chez un modèle de souris grâce à une mutation inductible de la cornéodesmosine3, affaiblissant l’adhésion des cellules de la couche cornée, appelés les cornéocytes. Cette mutation a été identifiée chez des patients atteints du « peeling skin syndrome de type B ». Ce modèle a permis aux chercheurs d’analyser la dynamique de l’inflammation cutanée dans le cas de rupture de la barrière épidermique afin de mieux comprendre les réseaux de cytokines sous-tendant le processus inflammatoire. Les chercheurs ont observé dans un premier temps que, lors d'une rupture de la barrière épidermique, la peau développe des réponses inflammatoires de type 2 et 17, respectivement entrainées par la synthèse des cytokines TSLP et l’interleukine (IL)-23. Ils ont aussi montré que l'induction de ces cytokines dépend de signaux différents et que les réponses de type 2 et de type 17 se contre-régulent mutuellement. Finalement, l’interleukine-1β (IL-1β) est fortement impliquée dans la régulation de la production de TSLP et d’IL-23.

 

Des résultats préliminaires pour de futurs traitements thérapeutiques

 

Au-delà du modèle spécifique étudié, les chercheurs pensent que la contre-régulation complexe observée entre TSLP/Type 2 et IL-23/Type 17 s’applique aux réponses inflammatoires observées pour la dermatite atopique et les pathologies congénitales similaires. La pertinence clinique de cette étude est également très importante. En effet, les auteurs montrent que l’Anakinra, un composé biologique inhibant la signalisation de l’IL-1β déjà utilisé pour traiter la polyarthrite rhumatoïde, supprime la production de TSLP et d’IL-23 et permet une diminution de l’inflammation cutanée. Les scientifiques suggèrent donc que cibler l’IL-1 serait plus avantageux que de cibler respectivement les axes de la TSLP ou de l’IL-23, comme le faisaient des traitements encore en voie de développement. Ces travaux offrent donc la possibilité d’un traitement à fort potentiel pour diverses pathologies inflammatoires de la peau dues à une rupture de la barrière épidermique.

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