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Actualités scientifiques

TRAF4 et les lipides membranaires orchestrent la migration des cellules cancéreuses

Sur cette coupe de glande mammaire, la colocalisation entre la protéine TRAF4 (en vert) et les jonctions serrées (en rouge) apparait en jaune et forme une structure typique en nid d’abeille au sommet des cellules épithéliales. Les noyaux sont ici marqués en bleu. © Cancers

TRAF4 Is a Novel Phosphoinositide-Binding Protein Modulating Tight Junctions and Favoring Cell Migration.

Rousseau A, McEwen AG, Poussin-Courmontagne P, Rognan D, Nominé Y, Rio MC, Tomasetto C, Alpy F.

PLoS Biol Dec 2013


3 décembre 2013

L’équipe de Marie-Christine RIO et Catherine-Laure TOMASETTO à l’IGBMC dévoile l’implication de TRAF4 dans la progression des cancers du sein et identifie un nouveau partenaire de la protéine lui permettant d’être acheminée au niveau des jonctions serrées des cellules glandulaires du sein. Ces résultats sont publiés le 3 décembre dans la revue PLOS Biology.

 

Avec près de 50 000 nouveaux cas diagnostiqués en France en 2012, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. La majorité d’entre eux touchent les cellules de la glande mammaire. Appelées épithéliales, ces cellules ont la particularité d’être orientées dans l’espace, la membrane cellulaire située au sommet de la cellule n’ayant pas les mêmes propriétés que celle située sur ses flancs et à ses pieds. Pour séparer ces deux compartiments et empêcher la migration des composés de l’un à l’autre, il existe une structure appelée jonction serrée. Formant une véritable barrière étanche, les jonctions serrées jouent également un rôle dans l’adhérence des cellules les unes avec les autres. Essentielles au maintien de l’intégrité des tissus épithéliaux, la composition moléculaire et le fonctionnement de ces structures sont souvent bouleversés dans les cellules cancéreuses.

 

TRAF4 est une protéine localisée au niveau des jonctions serrées de l’ensemble des cellules épithéliales de l’organisme et notamment celles de la glande mammaire. Elle appartient à une famille de 7 protéines dont la plupart des membres régulent l’immunité et l’inflammation. Contrairement aux autres protéines de cette famille, TRAF4 est fréquemment surexprimée dans les cancers du sein, mais sa fonction et en particulier son rôle au niveau des jonctions serrées était inconnu jusqu’alors. Dans une nouvelle étude collaborative, l’équipe de Marie-Christine RIO et Catherine-Laure TOMASETTO à l’IGBMC dévoile l’implication de TRAF4 dans la progression des cancers du sein et identifie un partenaire lui permettant d’être déplacée au niveau des jonctions serrées.

 

Les chercheurs démontrent que grâce à son interaction avec certains lipides membranaires, les phosphoinositides, TRAF4 est acheminée jusqu’aux jonctions serrées. Ils révèlent que cette propriété de liaison avec les lipides membranaires est valable pour l’ensemble des protéines TRAF. C’est la première fois qu’une telle interaction est démontrée pour cette famille de protéines. Les chercheurs ont également mis en évidence qu’une quantité trop importante de TRAF4 au niveau des jonctions serrées, comme c’est le cas dans les cellules cancéreuses, entrainait leur déstabilisation et au final une perte de contact des cellules entre elles. En culture cellulaire, les cellules qui expriment davantage TRAF4 sont celles qui migrent le plus. Or, une condition essentielle de la progression de la maladie est la capacité des cellules cancéreuses à se déplacer pour coloniser d’autres zones de l’organisme.  

 

Cette étude révèle une propriété des protéines TRAF inconnue jusqu’alors ; lier des lipides membranaires. Elle met également en lumière le rôle que semble jouer une production anormalement élevée de TRAF4 dans la progression des cancers du sein. En déstabilisant les jonctions serrées des cellules épithéliales de la glande mammaire, elle favorise la migration cellulaire et ainsi potentiellement la formation de métastases. Ce résultat ouvre également des perspectives thérapeutiques, TRAF4 pourrait en effet constituer une cible thérapeutique intéressante pour lutter contre la progression des cancers du sein.

 

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